UN GOÛT DE FLOTTE

Confortable, bien équipée, habitable et hybride, la Toyota Camry dispose des atouts nécessaires pour séduire les professionnels. Pas les passionnés.Le bruit du moteur thermique, qui mouline lors des fortes sollicitations, constitue un défaut. Mais il n’est pas rédhibitoire. La présentation du tableau de bord, sans aucun charme, en est un autre. Mais l’ensemble est bien construit et ergonomique. Avec un total de 218 ch, les performances sont bonnes, malgré une vitesse de pointe bridée à 180 km/h, pour des raisons de rendement électrique. Et la consommation peut descendre de 7,3 l/100 km lors de notre premier jour d’essai, à 4,7 lors du second, sur un parcours périurbain, à condition de conduire calmement. Toyota propose d’ailleurs des stages de conduite d’une demi-journée, via son Hybride Académie, pour accompagner la transition vers ce type de voiture et amplifier les économies de carburant.Passion, émotion, non. Calme, bien-être et confort, oui. La nouvelle berline Toyota a choisi son camp : elle s’adresse à une clientèle plus pragmatique que passionnée. Mais éparpillée aux quatre coins du globe.Le gros point fort de cette Camry, c’est son sens de l’accueil. Particulièrement vaste, elle jouit d’une suspension confortable et d’une banquette fractionnable 60/40 sur les premiers niveaux de finition, ainsi que d’un coffre de 524 litres. La version Lounge remplace cela par une banquette arrière fixe, qui réduit le volume de coffre à 500 litres, mais qui s’incline électriquement, grâce à une commande tactile située sur l’accoudoir central. Parfait pour emmener des collaborateurs au déjeuner, ou des clients à l’aéroport. _Cette huitième génération de Camry revient en Europe, après quinze ans d’une absence peu remarquée. Mais il s’agit d’une voiture mondiale, vendue dans 100 pays, et écoulée à plus de 19 millions d’unités depuis 1982, dont les États-Unis, l’Australie et les pays du Golfe, où elle domine le marché des berlines. Bref, dans des contrées où l’on se déplace en ligne droite, au détriment du plaisir de conduite.Étendue sur 4,89 m, cette rivale des VW Passat et Renault Talisman devrait, selon les prévisions de la marque, réaliser 80 % de ses ventes auprès des entreprises et des professionnels, comme les taxis et autres VTC. Pragmatique, on vous dit.Il y a fort à parier qu’on n’y parlera pas de dynamisme ni d’agilité. Car la Camry, placide à souhait, mais sécurisante et très saine, n’incite pas à une conduite sportive. L’équipement se montre très complet en finition haute appelée Lounge, avec un affichage tête-haute, des sièges chauffants, un réglage électrique du volant, une sellerie cuir et une climatisation à 3 zones. Dommage que son système multimédia ne soit pas toujours compatible Apple CarPlay/Android Auto.Pour séduire cette clientèle spécifique, la Camry fait l’impasse sur le moteur 3.5 V6, dont elle profite en Amérique du Nord, mais reprend les entrailles du RAV4 (voir p. 32), de sa plate-forme TNGA à sa motorisation associant un bloc thermique 2.5 litres à un moteur électrique. C’est donc une voiture hybride, dont la technologie et les rejets de CO2 permettent aux entreprises de s’affranchir de la taxe sur les véhicules de société (TVS) durant trois ans. Une voiture peut-être un peu fade, sans originalité particulière, mais plutôt valorisante, dotée d’une bonne réputation de fiabilité et parée d’une très bonne valeur de revente. Tout ce qu’il faut pour faire de l’œil aux gestionnaires de flottes, sans décevoir les cadres supérieurs qui conduiront cette Camry.