RETRAITE CHAPEAU

Il intĂšgre une ambiance intĂ©rieure de couleur noir et cognac, avec des dĂ©tails dorĂ©s, quand la carrosserie s’offre une livrĂ©e bi-ton blanc/argent, que le propriĂ©taire peut agrĂ©menter d’un numĂ©ro Ă  deux chiffres de son choix, sur le capot et les portiĂšres, dans le plus pur esprit racing. Mais pour cela, il faut s’allĂ©ger de 21 816 € supplĂ©mentaires. _Elle ne pouvait nous quitter sans se prĂȘter Ă  cet exercice de style fantasmĂ© par les fanatiques de 911. D’autant qu’elle nous le promettait depuis plus d’un an, avec sa rĂ©vĂ©lation sous la forme d’un concept-car, lors des festivitĂ©s organisĂ©es Ă  ZĂŒffenhausen pour cĂ©lĂ©brer les 70 ans de la marque. Par la suite, narguant tour Ă  tour le public du Festival of Speed de Goodwood, puis la Rennsport Reunion de Laguna Seca, jusqu’au Mondial de Paris, elle a su mĂ©nager le suspense quant Ă  sa destinĂ©e. Au final, ce sont 1 948 exemplaires qui sortiront finalement des ateliers Porsche, en rĂ©fĂ©rence Ă  la date de rĂ©vĂ©lation du tout premier cabriolet maison, nommĂ© 356 Roadster N°1, produit à… quatre unitĂ©s. Si la nouveautĂ© 2019 se veut aussi l’hĂ©ritiĂšre des 356 America Roadster de 1952, c’est davantage au Speedster 3.2, prĂ©sentĂ© Ă  Francfort en 1987, que cette 911 atypique doit ses titres de noblesse. L’icĂŽne des eighties initia l’encapsulage, non seulement de la capote en toile, mais aussi des places arriĂšre, pour transformer le Cabriolet en strict deux places, tout en prenant soin de raboter son pare-brise pour viriliser la silhouette. Malheureusement, avec une hauteur de 1,25 m, la derniĂšre-nĂ©e n’a pas consenti Ă  autant de radicalitĂ©, puisque son vitrage frontal affiche une hauteur identique Ă  celle de la dĂ©capotable d’origine. Un mal nĂ©cessaire au vu des performances de la bĂȘte, capable d’atteindre 310 km/h en pointe, tandis que ses 510 ch l’expĂ©dient de 0 Ă  100 km/h en 4 secondes, malgrĂ© les deux filtres Ă  particules rendus obligatoires pour rĂ©pondre aux normes Euro 6d-Temp. DĂ©suĂšte de prime abord, comparĂ©e aux 3”1 dont Ă©tait capable la 911 Cabriolet Turbo de 540 ch, cette mesure d’accĂ©lĂ©ration trouve sa lĂ©gitimitĂ© dans l’absence de suralimentation de son 4.0 Ă  6 cylindres Ă  plat. Atteindre l’extase au volant de cette sĂ©rie limitĂ©e se mĂ©rite, Ă  l’image de l’unique transmission manuelle Ă  6 rapports qui lÂ’Ă©quipe, et dont se contentait la trĂšs attachante et tout aussi exclusive 911 R, furtivement commercialisĂ©e en 2016. Aux performances pures, les ingĂ©nieurs allemands ont prĂ©fĂ©rĂ© le plaisir de conduite, pour rĂ©galer les puristes. Ce qui n’empĂȘche pas le Speedster de recourir Ă  la crĂšme des trains roulants, puisqu’il emprunte son chĂąssis Ă  la GT3, afin de profiter de roues arriĂšre directrices, freins carbone-cĂ©ramique et voies Ă©largies. Le poids a Ă©galement fait l’objet de multiples attentions, avec une ligne dÂ’Ă©chappement plus lĂ©gĂšre de 10 kg, ou encore, un couvre-capote en fibre de carbone. EsthĂ©tiquement parlant, la banque d’organes de la 911 GT3 a, encore une fois, Ă©tĂ© mise Ă  contribution, comme en tĂ©moignent les boucliers avant et arriĂšre, tandis que certains appendices aĂ©rodynamiques sont tout droit issus de la 911 R. L’ambiance est plutĂŽt dĂ©pouillĂ©e Ă  bord, au regard des panneaux de portiĂšres agrĂ©mentĂ©s de tirettes d’ouverture en toile et de filets de rangement, des Ă©lĂ©ments en carbone retenus pour l’ossature des siĂšges baquets, sans oublier l’absence de boutons sur les branches du volant, elles-mĂȘmes perforĂ©es. Toutefois, Porsche ne fait pas l’impasse sur la personnalisation, et propose un pack Heritage Design, qui rend hommage aux classiques des annĂ©es 1950 et 1960.