QU’A SCALA DE PLUS

Le comportement, hĂ©las, s’avĂšre beaucoup moins transcendant. À la diffĂ©rence d’une Peugeot 308 notamment, la tchĂšque ne dĂ©voile pas d’appĂ©tence particuliĂšre pour les trajectoires bien taillĂ©es. Ni la mĂȘme contenance que ses cousines VW Golf et Seat Leon. Logique puisque, techniquement, la Scala s’approche davantage des plus petites (et plus abordables) Polo et Ibiza, auxquelles elle reprend leur plate-forme modulaire MQB A0. AgrĂ©ablement lĂ©gĂšre en ville, la direction n’atteint jamais une consistance satisfaisante sur route. Et l’amortissement peine Ă  brider les mouvements de caisse lorsque le rythme s’accĂ©lĂšre, tout en laissant Ă©chapper quelques trĂ©pidations sur les bosses. Skoda donne bien accĂšs Ă  une suspension pilotĂ©e en option (420 €). Mais pas aussi sophistiquĂ©e que celle, adaptative, dont sÂ’Ă©quipent les autres compactes du groupe, elle se contente d’amortisseurs offrant simplement deux tarages diffĂ©rents (Normal et Sport), sans qu’aucun n’apporte de rĂ©el bienfait sur le confort ou le tempĂ©rament routier.Moteur le plus puissant au catalogue, le 1.5 TSI de 150 ch se montre sous son meilleur jour. Souple, silencieux, tonique. D’autant plus en prĂ©sence de la boĂźte robotisĂ©e Ă  double embrayage DSG. Une transmission Ă  7 rapports, facturĂ©e 1 500 € en moyenne sur l’ensemble des motorisations, Ă  l’exception du petit 1.0 TSI de 95 ch d’entrĂ©e de gamme, uniquement disponible avec une boĂźte mĂ©canique.Si la dotation ne souffre guĂšre la critique, l’ambiance Ă  bord n’a rien de trĂšs glamour Ă  cause de l’omniprĂ©sence de matĂ©riaux sombres, d’un aspect pas toujours trĂšs flatteur.Sauf qu’ici, ça se voit un peu plus. À l’extĂ©rieur, par un design assez sage. Mais surtout Ă  bord. Le coffre est immense. Avec 467 litres avant que la banquette arriĂšre fractionnable ne soit rabattue, la soute Ă  bagages s’approche de celle d’une Honda Civic, laquelle n’est plus franchement une compacte. Et les places arriĂšre sont quasi dignes d’une limousine.À condition, nĂ©anmoins, de faire abstraction du sort rĂ©servĂ© Ă  celui ou celle qui devra s’installer au centre, sĂ©rieusement importunĂ© par un tunnel de servitude proĂ©minent.Ce qui ne remet pas en question la sĂ»retĂ© de cette voiture moderne, Ă©quipĂ©e sur toutes ses versions du rĂ©gulateur-limiteur de vitesse, du freinage d’urgence semi-autonome et du maintien dans la voie de circulation.La mĂ©canique entretient cette sensation dÂ’Ă©voluer en terrain connu en quelques instants. Comme souvent dans le groupe Volkswagen, opter pour une version essence, telle que celle-ci Ă  l’essai, reste le meilleur moyen de ne pas se tromper.Moderne, la Scala n’a pas Ă  rougir face aux rĂ©fĂ©rences Ă©tablies. Sauf de son tarif, qui gagnerait Ă  ĂȘtre encore plus attractif.En tant que berline, la Scala prend autant soin de son conducteur que de ses passagers. La position du siĂšge et du volant s’ajuste au millimĂštre, les commandes sont douces, agrĂ©ables Ă  manier et faciles Ă  trouver, car bien organisĂ©es. La lisibilitĂ© de l’instrumentation profite d’un combinĂ© intĂ©gralement numĂ©rique, en sĂ©rie sur la finition haute Style, et d’une grande interface multimĂ©dia connectĂ©e, dont lÂ’Ă©cran tactile dĂ©passe les 9” de diagonale. Certains regretteront peut-ĂȘtre l’absence de commande dĂ©portĂ©e afin dÂ’Ă©viter de fixer l’affichage plutĂŽt que la route, en naviguant dans les diffĂ©rents menus.LA BERLINE COMPACTE TCHÈQUE DÉBARQUE AU SEIN D’UNE CATÉGORIE OÙ LA CONCURRENCE NE MANQUE PAS. MAIS ELLE Y JOUE CRÂNEMENT SA CHANCE.La Skoda Scala est une voiture d’exception. Voire innovante. Non, vous ne voyez pas ? C’est un tout nouveau modĂšle, sans que ce soit pour autant un SUV. AllĂ©luia ! Par les temps qui courent, c’est assez remarquable. Ce n’est donc pas un engin haut perchĂ©, qui roule des mĂ©caniques, mais une humble berline compacte. Enfin… celle qui succĂšde Ă  la Rapid Spaceback, sans vraiment la remplacer, sÂ’Ă©tire tout de mĂȘme sur 4,36 m de long. Comme une Renault MĂ©gane, ou une Ford Focus.Mais les apparences ne sont pas la prioritĂ© de la Scala. À la diffĂ©rence du tarif. Pour faire simple, si vous dĂ©boursez la mĂȘme somme que pour une Golf, vous accĂšderez Ă  un niveau de motorisation et de finition supĂ©rieur. Mais ça, une Ford Focus n’est pas loin d’en promettre autant… _