JE NE SUIS PAS TRÈS VOITURE »

Voulez-vous vous concentrer sur la Formule E ? Ou bien, avez-vous d’autres aspirations en sport auto ?Paris accueillera l’ePrix de Formule E pendant trois années supplémentaires. Quelle est votre réaction ?Je ne peux vraiment pas être déçu. La vitesse des voitures s’est accrue et l’autonomie a doublé (les pilotes ne changent plus de monoplace à mi-distance, ndlr). Ce qui est assez incroyable. Néanmoins, deux ou trois améliorations peuvent être apportées. Aujourd’hui, la gestion de l’énergie en Formule E n’existe plus, puisqu’à chaque course, nous avons une période de neutralisation. De fait, les pilotes parviennent à économiser suffisamment d’énergie pour attaquer à fond le reste du temps. Par ailleurs, nous restons sur les mêmes circuits, avec une voiture plus large. Au volant, nous avons donc beaucoup plus de difficultés à dépasser et les accrochages sont plus fréquents. De l’avis du promoteur, c’est formidable, car il y a de l’action à chaque tour.Je courrai une nouvelle fois aux 24 Heures du Mans, en juin (avec l’écurie G-Drive, sur une Oreca en LMP2, ndlr). Mon ambition, à terme, est d’intégrer une équipe usine dans la nouvelle catégorie LMP1, prévue pour 2020. J’aimerais remporter cette épreuve au général. L’autre course qui me trotte dans la tête depuis longtemps, ce sont les 500 miles d’Indianapolis. J’ai de très bons con-tacts avec Andretti, l’une des meilleures équipes aux États-Unis. J’ai failli m’engager l’an dernier, mais la course de Formule E à Berlin se déroulait au même moment. Pour tenter l’aventure, Il faudra trouver l’année où les calendriers seront complémentaires. Par ailleurs, je travaille sur un projet pour Extreme E (le championnat de SUV électriques organisé par le promoteur de la Formule E en 2021)… Je suis même en train de racheter une équipe ! _Je tiens à préciser que je roulais en Porsche avant de signer avec DS (rires, ndlr). Plus sérieusement, on travaille avec les ingénieurs qui opèrent sur les voitures de série pour améliorer tout ce qui peut l’être : récupération d’énergie au freinage, conduite… D’ici à 2025, la gamme sera entièrement électrifiée. Si l’on gagne dans une discipline où œuvre une dizaine de constructeurs automobiles, comme Audi, BMW ou Jaguar, cela prouve qu’on possède la meilleure technologie.hampion de Formule E en 2018, le Francilien défend sa couronne cette année, avec son équipe DS-Techeetah. Et ses horizons pourraient bientôt s’élargir…Je suis spectateur de la Formule 1, j’y ai piloté. Des courses d’une heure et demie, c’est trop long. L’action pourrait être beaucoup plus condensée. Notre format de 45 minutes – avec, éventuellement, une prolongation de 10 minutes – est idéal. Alors, s’il est question de “ravitaillement“ éclair, je vote sans hésiter pour des voitures plus rapides.J’ai grandi dans cette ville. C’est assez particulier de pouvoir affectuer une course dans un championnat aussi important, là où je suis né. Cela révèle aussi le poids politique de la Formule E. La ville de Paris n’est guère réputée pour son amour des voitures. C’est donc un symbole fort qu’une autorité politique comme celle-ci pousse pour l’électrification en accueillant notre discipline.J’ai beau être pilote, je ne suis pas très voiture. Je n’en ai acheté qu’une dans ma vie (une Porsche GT2 RS, ndlr). Or, il est extrêmement frustrant de rouler à 130 km/h sur l’autoroute avec un tel engin. J’ai fait des allers-retours entre Paris et chez mes parents, puis, je l’ai revendue au bout de six mois. J’habite à Londres, où je me déplace en transports en commun, en raison du trafic. Lorsque je viens à Paris, j’ai une trottinette électrique. J’adore…À l’horizon 2022, on pourrait assister à des recharges rapides dans les stands durant les courses. Faut-il organiser des manches plus longues ou donner davantage de puissance aux moteurs ?