J’AI DIX ANS

Comme tout moteur atmosphérique, le V10 nécessite de grimper dans les tours. L’allongement des rapports de boîte (de la 3e à la 7e vitesse) renforce cependant le sentiment de creux à bas régime. Et même sur le mode Dynamic, la boîte passe les rapports prématurément en mode automatique. Il faut donc jouer des palettes au volant pour exploiter pleinement le V10 entre 5 000 et 8 500 tr/mn. Le mode Performance, qui déconnecte partiellement l’antidérapage ESP, n’est d’ailleurs exploitable qu’en mode manuel. La transmission se révèle alors ultra réactive, et même, parfois, un peu brutale. Chaque impulsion du doigt donne la sensation d’appuyer sur une gâchette de fusil. Les énormes disques en carbone céramique, pincés par des étriers à 8 pistons, freinent le bolide comme un chasseur sur un porte-avions. La R8 permet ainsi d’atteindre des allures folles, sans être un champion. Seul petit bémol, la voix du V10 ne monte plus autant dans les aigus et ses crépitements sont moins tonitruants. Cela n’a toutefois rien de révoltant. Au contraire de ses tarif et consommation, un peu plus choquants. _Par ailleurs, une barre antiroulis avant en carbone, allégée de 2 kg, fait son apparition dans la liste des options.Malgré une voix enrouée, la nouvelle Audi R8 V10 demeure un monument de l’histoire de la voiture thermique.Dotée d’un moteur V8 4.2 de 420 ch lors de son lancement en 2007, l’Audi R8 a acquis ses lettres de noblesse en recevant un bloc V10 atmosphérique de 550 ch, deux ans plus tard. En 2015, la deuxième génération de la GT aux quatre anneaux atteint 610 ch dans sa version de pointe, baptisée V10 Plus. Le restylage de 2019 est l’occasion de glaner 10 ch et 20 Nm de couple supplémentaires, pour afficher 620 ch et 580 Nm. Pour montrer patte blanche, la nouvelle R8 V10 Performance est affublée d’un filtre à particules, qui augmente son poids de 15 kg par rapport à l’ancienne version. De nouveaux réglages des suspensions pilotées Magnetic Ride visent à offrir plus de différence entre les modes Sport et Confort, tandis qu’un antidérapage ESP de dernière génération optimise la stabilité sur les freinages à haute vitesse.Côté esthétique, cette R8 restylée se pare d’une nouvelle calandre et d’un spoiler élargi. À l’arrière, la grille d’aération est plus étendue, le diffuseur redessiné et les échappements encore plus imposants. Lors de notre essai en Allemagne, nous avons pu prendre le volant de la très prestigieuse version Decennium. Une série limitée à 222 exemplaires, dont les 8 unités réservées au marché français sont déjà vendues. Cette version ajoute une décoration spécifique, intégrant de sublimes jantes bronze de 20 pouces et des applications en carbone à profusion dans l’habitacle. L’équipement complet comprend, notamment, des sièges sport cuir-Alcantara à réglages électriques, des phares laser à gestion automatique, ou encore, des disques de frein en carbone céramique. Toujours aussi impressionnante à contempler, la R8 séduit aussi par sa qualité de fabrication irréprochable, avec des assemblages minutieux. Aucun bruit de mobilier ne se manifeste à bord de ce bolide ultra rigide.Dans la catégorie supercars, l’Audi R8 s’illustre toujours par sa grande polyvalence. Large, basse et dotée de petites surfaces vitrées, cette super sportive n’est pas idéale en ville, mais subit les affres de la circulation sans broncher, grâce à sa boîte automatique douce et sa direction légère. En mode confort, l’amortissement piloté ne secoue pas trop, même si la fermeté reste de rigueur. Lorsque la route se dégage, elle libère sa force colossale sans le moindre risque de patinage, grâce aux quatre roues motrices. Une once de prise de roulis se fait sentir en entrée de virage, mais une fois calée sur son appui, la GT semble posée sur des rails.