GRAND PRIX URBAIN

Depuis la disparition des moteurs deux-temps (2T), les motos 125 cm3 ne sont pas plus performantes que les scooters de même cylindrée et offrent donc peu d’intérêt, si ce n’est leur look aguicheur. Mais grâce à son nouveau monocylindre 4T doté de soupapes d’admission variable, la nouvelle Yamaha YZF-R125 démarre en trombe au feu vert et affiche facilement 130 km/h au compteur. En adoptant la “position de la limande”, la mini-sportive japonaise dépasse même les 140 km/h en fond de sixième, soit 130 km/h au GPS. Une belle allonge, qui permet d’emprunter sereinement les voies rapides, d’autant que les reprises entre 80 et 110 km/h sont assez sécurisantes. La japonaise se pose ainsi comme l’une des 125 cm3 les plus véloces du moment. Une vieille Yamaha TZR 125 2T des années 1990, délivrant 26 ch débridée, était, certes, encore plus rapide. Mais elle se montrait bruyante, odorante, gourmande (en huile comme en essence) et nécessitait un entretien minutieux.A contrario, le monocylindre 4T de la nouvelle YZF-R125 n’ameute pas le voisinage et fait preuve d’une sobriété exemplaire. Lors de notre essai, la consommation moyenne n’a pas dépassé les 3,2 l/100 km, ce qui autorise plus de 330 km d’autonomie avec le réservoir de 11,5 litres. Assez souple à bas régime, ce moteur moderne se réveille à partir de 5 000 tr/mn et galope qu’à 11 000 tr/mn. Une jolie plage d’utilisation, qui s’accompagne d’une excellente commande de boîte à six vitesses. Rapide et précise, cette transmission par chaîne permet même de passer les rapports à la volée sans shifter et profite d’un système anti-dribble évitant de bloquer la roue en cas de rétrogradage prématuré.Valorisante, véloce et sobre, la Yamaha YZF-R125 peut aussi compter sur son réseau de distribution et la réputation de robustesse de son blason. Mais elle le fait payer cher.Comme toutes les sportives, la YZF-R125 n’est pas un modèle de praticité. La place du passager n’est pas franchement accueillante ni adaptée pour arrimer un sac, et rien n’est prévu pour recharger son smartphone. La japonaise peut, en revanche, compter sur sa plastique valorisante et sa finition honorable, avec des câbles bien gainés et une instrumentation numérique bien présentée. Reste qu’à 5 300 €, cette Yamaha, fabriquée à Saint Quentin en Picardie, mériterait un niveau d’équipement plus généreux. _Bien motorisée, la YZF-R125 profite d’une partie cycle rigoureuse, avec une épaisse fourche inversée, des freins bien dimensionnés et des pneus Michelin assez larges. Le disque avant, pincé par un étrier à deux pistons et fixation radiale, fait preuve de mordant sans enclencher prématurément l’antiblocage ABS. Il faut toutefois avoir de la force dans les doigts pour tirer sur le levier, trop dur et sans réglage d’écartement. Avec 142 kg tous pleins faits, la japonaise n’est pas un poids-plume mais reste maniable et ne braque pas trop mal, malgré son guidon bracelet. Sur route sinueuse, elle virevolte d’un virage à l’autre avec la grâce d’une danseuse et brille par sa grande stabilité en courbe. Très rigides, les suspensions tendent toutefois à percuter sur les saignées, au risque de tanner le fessier et fatiguer les poignets. Le confort demeure spartiate sur voie rapide, où la petite bulle d’origine manque d’efficacité. Des vibrations se font également ressentir entre les cuisses et sous les pieds au-delà de 9 000 tr/mn.