GÈNES DE G

ès 2021, les marques devront proposer une gamme dont les émissions moyennes ne devront pas dépasser 95 g CO2/km. Autant dire que si la tâche sera aisée pour certains, pour d’autres, elle sera plus ardue, une amende de 95 € par gramme supplémentaire et par véhicule vendu étant également prévue. Au sein du groupe Fiat Chrysler Automobiles cependant, si les modèles électriques font défaut, les idées, elles, ne manquent pas. C’est donc en sollicitant l’aide de Tesla qu’il espère trouver son salut. Alors que les deux groupes n’ont a priori aucun point commun, l’un dispose d’un argument pour séduire l’autre : une gamme 100 % électrique. Le groupe européen a donc décidé de signer un accord avec la marque d’Elon Musk pour inclure certaines des ventes du constructeur californien dans son parc, afin d’abaisser la moyenne d’émissions polluantes. Si ce partenariat devrait coûter plusieurs centaines de millions de dollars à FCA, l’investissement devrait lui permettre d’échapper à une amende estimée à plus de deux milliards d’euros. Ici, pas de fraude, puisque cette technique de rachat de crédit de CO2 est légale et autorisée par l’Union européenne. Ouf. _ PAR M. LIZAK, PHOTO DRDans la gamme Mercedes, pourtant très prolifique, il manque encore un modèle capable de rivaliser frontalement avec les Audi Q3 et BMW X1 (4,47 m de long, en moyenne). Si les plus optimistes citent le Mercedes GLA pour leur répondre, ce dernier tient davantage de la Classe A surélevée, tant il se distingue par l’exiguïté de son habitacle. Avec l’arrivée prochaine du GLB, annoncé le mois dernier par ce concept au Salon de Shanghai, on pensait enfin tenir le bon numéro. Mais à la lecture des dimensions affichées par ce showcar, très proche de la série, on finit par ne plus y croire. Pire, avec une longueur supérieure à 4,63 m, le nouvel arrivant risque la cannibalisation avec son grand frère GLC, auquel il rend à peine 2 cm. Si le GLB joue quasiment dans la catégorie supérieure, il a le bon goût de proposer 7 places, à la manière d’un Land Rover Discovery Sport (4,60 m), seul SUV premium capable d’engloutir autant de passagers dans un format aussi réduit. Un choix stratégique, qui laisse augurer de l’introduction future d’un GLB à empattement raccourci, pour 5 voyageurs. Pour l’heure, son statut de concept-car l’autorise à forcer le trait sur ses attributs de baroudeur, à l’image de la rampe de LED longue portée surmontant le pare-brise, ou encore, de ses pneumatiques typés off-road, à la hauteur de flanc importante. Des détails dont il pourrait presque se passer, tant sa carrure transpire l’aventure. Taillé à la serpe, le GLB Concept tire clairement son inspiration de l’iconique Classe G, tout juste quarantenaire. Une réinterprétation moderne que Mercedes avait initiée en 2012, via le concept Ener-G Force. Mais dans GLB, il y a B. Et avec sa volonté de ratisser large, il se veut aussi une version allongée du monospace Classe B, strict 5 places, auquel il reprend d’aillleurs la quasi-intégralité de la planche de bord et des contre-portes. Vu sous cet angle, le futur duo Classe B/ GLB entrera en concurrence avec la famille de monocorps BMW Série 2 Active Tourer (5 places) et Gran Tourer (7 places). Pour légitimer ses prétentions familiales, le GLB Concept escamote sa troisième rangée de sièges sous le plancher et fait coulisser longitudinalement la seconde sur 14 cm, par souci de modularité. Des caractéristiques dont le modèle de série héritera à coup sûr, tout comme le 4-cylindres essence turbo de 224 ch qui l’anime, lui-même couplé à une transmission intégrale 4MATIC. Plus étonnante, l’introduction de déclinaisons AMG, attendues à moyen terme. Une initiative contre-nature pour ce SUV familial, mais finalement concordante avec le destin accompli par le Classe G, qui, malgré son importante garde au sol, carburait encore récemment au V12. _