FRAPPÉE PAR LE BLITZ

Afin d’abaisser les coûts de production, la nouvelle Opel Corsa-e embarque une motorisation similaire à celle de ses cousines DS 3 Crossback E-Tense et Peugeot e-208, révélées il y a quelques mois. Ce bloc délivre 100 kW, équivalents à environ 136 ch. Via sa batterie de 50 kWh, la germano-française peut parcourir jusqu’à 330 km selon le protocole d’homologation WLTP. En la raccordant à une borne de charge rapide, elle peut recouvrer 80 % de sa capacité en seulement 30 minutes. Forte d’un couple de 260 Nm délivrés instantanément, l’Opel Corsa-e abat le 0 à 50 km/h en 3”1, quand elle réclame 8”1 pour atteindre 100 km/h. Une performance meilleure que l’actuelle Corsa GSi mue par 150 ch thermiques (8”9). Extérieurement, la filiation avec la nouvelle Peugeot 208 est évidente, si l’on s’attarde sur leur silhouette respective, malgré l’absence d’éléments de carrosserie communs, et l’unique centimètre qui les sépare en longueur (4,06 m pour l’Opel, soit 1 cm de plus). Tout juste notera-t-on le recours à des rétroviseurs identiques au premier regard. À bord, on est loin de l’excentricité affichée par la planche de bord de la sochalienne. Fidèle à la tradition Opel, elle affiche un cockpit au design classique, mais profite des dernières avancées en matière d’équipements, à l’image de la dalle numérique qui remplace les compteurs analogiques, sous le regard du conducteur. Quant à l’écran tactile central, il varie de 7 à 10” de diagonale. Outre l’introduction d’aides à la conduite inédites (reconnaissance des panneaux, vision tête-haute, détecteur de somnolence, etc.), la nouvelle Opel Corsa va même plus loin que la 208, dans certains domaines, en adoptant, notamment, des phares intelligents LED Matrix. La citadine sera bientôt rejointe par une gamme de moteurs thermiques aux caractéristiques techniques proches, voire identiques, à la Peugeot. Il sera possible, dès l’été 2019, de passer commande de cette version 100 % électrique, en vue des premières livraisons début 2020. _Opel nous a conviés à un petit galop d’essai au volant de la sixième génération de Corsa. Premier constat, la position de conduite est parfaite, et peut être ajustée très bas, comme sur une sportive. Volant en mains, c’est d’ailleurs le premier qualificatif qui vient à l’esprit pour caractériser le châssis de cette Corsa. D’une incroyable rigueur, l’amortissement maintient la caisse collée au sol, avec un roulis limité à sa plus simple expression. De quoi optimiser le travail des très accrocheurs Michelin Pilot Sport 4 de notre “mulet”. Sur les petites routes du pays de Bitche, dans les Vosges, le rythme imposé par les essayeurs maison, qui nous ouvrent la route, est soutenu. La Corsa avale courbes, bosses, dévers et dos d’ânes avec une aisance déconcertante. Les réglages châssis, de série, seront communs à toutes les versions, à l’exception de la future version de base, 75 ch essence, légèrement plus souple. Opel a même peaufiné la stabilité et le freinage, à grande vitesse, sur Autobahn, avec un becquet arrière renforçant l’appui. Rançon de cette très faible amplitude de débattement, un confort ferme, qui évite de balloter des passagers calés dans des sièges associant confort et maintien, comme c’est souvent le cas chez Opel. Reste qu’on ne saisit pas très bien l’intérêt d’un tel typage, digne d’une GTi, sur une petite voiture grand public. Avec cette Corsa, dont le châssis rigole des 100 ou 130 ch du pétillant petit 3-cylindres essence 1.2 litre Pure-Tech essence Peugeot-Citroën, Opel a souhaité offrir le meilleur compromis entre “sécurité, confort et agrément de conduite”. Particulièrement sûre et agréable à mener, force est de constater qu’elle sacrifie en partie au confort. Reste à attendre d’essayer la version de série. Et la future Peugeot 208, dont Opel nous a fait comprendre qu’elle devrait être plus typée confort. Et l’on peut faire confiance à Peugeot pour ce qui est des qualités dynamiques. _Initialement, le lancement de la nouvelle Corsa était prévu dès 2018. Il s’agissait d’un projet piloté par General Motors, l’ancienne maison-mère d’Opel. Mais le rachat de la firme allemande par PSA, en 2017, stoppa net le développement de la citadine dans sa configuration européenne, le groupe français préférant recourir à la plate-forme électrifiée de la nouvelle Peugeot 208. Pour autant, ce projet mort-né ne fut pas perdu pour tout le monde. GM le mena à terme afin d’en faire bénéficier sa marque Buick, pour le modèle Excelle, destiné à la Chine. C’est sur la base de cette dernière que nous avons réalisé une illustration de ce qu’aurait pu être la Corsa.Reposant, lui aussi, sur une plate-forme PSA, le SUV compact d’Opel annonce à son tour l’introduction, sous son capot, de la mécanique hybride rechargeable de son cousin Peugeot 3008, d’ici à la fin de l’année. Pour l’heure, seule la configuration 300 ch (4×4) est annoncée, associant un bloc 1.6 essence de 200 ch à un moteur électrique délivrant un peu plus de 100 ch équivalents. 50 km d’autonomie sont promis en mode 100 % électrique, tout comme la future déclinaison 225 ch, qui se contentera de deux roues motrices.