ENVIE D’ESPACE

Au volant, la direction paraĂźt trĂšs assistĂ©e en ville et il faudra s’habituer Ă  l’impressionnant gabarit du X7. Mais, sur la highway comme sur le petit bout de la route 66 permettant de rallier l’Arizona et le Nevada, difficile de se faire une idĂ©e du comportement routier de ce X7, plus destinĂ© au confort qu’au sport, et qui repose sur la plate-forme modulaire CLAR de BMW. Les interminables routes rectilignes n’invitent guĂšre aux coups de volant et les roues arriĂšre directionnelles, en option Ă  1 300 €, seraient, ici, aussi utiles qu’une valise sans poignĂ©e. On apprĂ©cie toutefois le bien-ĂȘtre Ă  bord du bavarois qui, bien que chaussĂ© de roues de 22” (2 400 €), s’est rĂ©vĂ©lĂ© trĂšs confortable. MĂȘme sans l’optionnelle suspension capable de “lire” les dĂ©formations de la route (2 650 €) pour adapter la raideur en consĂ©quence, l’amortissement pilotĂ© pneumatique de sĂ©rie se montre moelleux.Et finalement, lorsqu’un malus de 10 500 € semble assassiner certains modĂšles, il ne reprĂ©sente, ici, “que” 10 % du tarif. Une dĂ©clinaison hybride rechargeable est Ă©videmment envisagĂ©e, mais rien n’indique, pour l’instant, qu’elle sera commercialisĂ©e. _Entre un Audi Q7 et un Bentley Bentayga, il y avait quoi ? Rien d’autre que les Mercedes GLS et Range Rover en version longue. Alors, BMW a rĂ©agi : voici le X7, le plus imposant SUV de la gamme bavaroise. Gros et lourd pour tous, il est, pour certains, “laid” aussi. Avec ses narines surdimensionnĂ©es, ses 2,4 tonnes et ses 5,15 m de long, le X7 ne joue pas dans la catĂ©gorie des petits bras, et paraĂźt presque inadaptĂ© Ă  nos routes europĂ©ennes. Qu’importe, c’est en prioritĂ© pour le marchĂ© nord-amĂ©ricain qu’il a Ă©tĂ© pensĂ©, ainsi que pour la Chine, le Moyen-Orient et la Russie. Et pour fĂȘter la naissance de ce gros bĂ©bĂ© bien joufflu, BMW a organisĂ© un road-trip aux États-Unis, entre Spartanburg, oĂč il est assemblĂ©, et Palm Springs, en Californie. Nous avons eu la chance de contribuer Ă  la neuviĂšme Ă©tape de ce long parcours, en ralliant Phoenix Ă  Las Vegas. Et lĂ , dans un environnement oĂč rien ne semble Ă  lÂ’Ă©chelle europĂ©enne, oĂč la Mustang fait office de Renault Clio et le pick-up F-150 de Kangoo, l’allemand se rĂ©vĂšle finalement trĂšs Ă  l’aise.Spacieux, luxueux, aussi confortable que polyvalent, ce SUV limousine vous plonge dans un autre monde. À dĂ©guster sans modĂ©ration.Dans un monde merveilleux, oĂč pleuvraient des billets de banque et oĂč les routes mesureraient 5 mĂštres de large, ce X7 serait la voiture idĂ©ale.DerriĂšre cette calandre dĂ©mesurĂ©e, qui fait froid dans le dos lorsqu’elle se profile dans le rĂ©troviseur, se cachent deux diesels (265 ou 400 ch, indisponibles Ă  l’essai aux États-Unis) et un six-cylindres essence sur la version 40i, couplĂ© Ă  une boĂźte de vitesses automatique Ă  8 rapports. Forte de 340 ch, cette motorisation devrait rester plutĂŽt confidentielle sur les routes françaises, en raison d’un a priori tenace : les SUV et les moteurs essence ne font pas bon mĂ©nage. Encore plus lorsqu’il s’agit d’un gabarit comme celui-ci. Mais le mĂ©lodieux et performant 3.0 litres turbo du xDrive 40i, dont les 450 Nm de couple gĂ©nĂšrent d’excellentes reprises, montre un appĂ©tit presque convenable pour un tel engin, avec une moyenne d’environ 11 l/100 km lors de notre essai, rĂ©alisĂ© Ă  un rythme raisonnable.Si son tarif peut faire sourire, avec un prix de base fixĂ© Ă  94 400 € en diesel, et si son apparence dĂ©bordante ne fera sans doute pas l’unanimitĂ©, ce SUV XXL a tout, vraiment tout, pour plaire. Sorte de BMW SĂ©rie 7 surĂ©levĂ©e et dotĂ©e de 7 places, son confort de roulement et son silence de fonctionnement donnent la sensation de voyager dans un luxueux salon, servi en luminositĂ© par ses deux toits panoramiques. Garde au toit, largeur aux coudes, espace aux jambes, tout est Ă  la mesure du gabarit extĂ©rieur. Pour que chacun profite de son propre fauteuil, il est possible de sĂ©lectionner une option permettant de troquer la banquette arriĂšre contre deux siĂšges individuels. Il n’y a donc qu’au fond du X7, au troisiĂšme rang (escamotable en deux parties), que l’on peut se plaindre d’un accĂšs imparfait et d’un lĂ©ger manque d’espace, si l’on dĂ©passe 1,80 m. Encore que… le second rang coulisse Ă©lectriquement sur 14 cm, afin de moduler l’espace selon ses envies. En revanche, cĂŽtĂ© coffre, la configuration Ă  7 places limite le volume de chargement Ă  326 litres, selon BMW.À moins d’ĂȘtre habituĂ© aux Bentley et Rolls-Royce, Ă  bord desquelles il est possible de s’inventer des Ă©quipements dĂ©lirants, tout ce qui existe peut intĂ©grer la dotation de ce SUV raffinĂ© et high-tech. On ne lui reprochera que sa planche de bord identique Ă  celle d’un “petit” X5 et quelques excĂšs de zĂšle, comme cette commande gestuelle, aussi inutile qu’amusante, et dĂ©sormais disponible dans de nombreuses BMW, qui permet de gĂ©rer certaines fonctionnalitĂ©s en bougeant la main ou les