DE LA VICTOIRE

AprĂšs avoir surfĂ© sur la vague vintage avec ses modĂšles V7 et V9, le constructeur de Mandello del Lario propose un trail routier concurrent des BMW F 850 GS et autre Triumph Tiger 800. Pour relever cet audacieux dĂ©fi, la Moto Guzzi V85 TT inaugure un nouveau bicylindre en V de 853 cm3, qui conserve une distribution par culbuteurs, mais reçoit des piĂšces mobiles allĂ©gĂ©es, comme des soupapes d’admission en titane. Ce bloc lubrifiĂ© par un carter semi-sec s’accompagne d’une transmission par cardan, gage d’un entretien rĂ©duit (ni graissage, ni remplacement). Le cadre en acier tubulaire, dĂ©veloppĂ© autour du moteur porteur, repose sur des suspensions rĂ©glables, Ă  l’avant comme Ă  l’arriĂšre. Le freinage profite de deux gros Ă©triers Brembo Ă  quatre pistons Ă  l’avant et d’un Ă©trier arriĂšre Ă  deux pistons.SoignĂ©, bien Ă©quipĂ©, confortable et bourrĂ© de caractĂšre, ce trail italien “al dente” offre un excellent rapport prix/prestations. À essayer de toute urgence !LÂ’Ă©quipement n’est pas en reste, avec un antipatinage Ă©lectronique dĂ©connectable, des commandes rĂ©glables, trois modes de conduite (route, pluie ou off-road) et une instrumentation numĂ©rique Ă  Ă©cran couleur TFT, intĂ©grant un kit Bluetooth et une prise USB. Dommage que l’ergonomie des commandes ne facilite pas la navigation dans les menus. La Moto Guzzi V85 TT se rattrape par sa belle qualitĂ© de fabrication, avec de sublimes piĂšces en aluminium. Le faux rĂ©servoir en plastique risque de choquer les puristes, mais il permet d’offrir 23 litres sans alourdir la machine (208 kg Ă  sec).TrĂšs polyvalente, cette charmante italienne se montre en outre relativement sobre (6,3 l/100 km durant notre essai sans retenue) et un peu moins chĂšre que ses concurrentes. Alors, si la fiabilitĂ© est au rendez-vous, Moto Guzzi pourra crier “Vittoria !” _3 QualitĂ© de fabrication 3 CaractĂšre mĂ©canique unique 3 Partie cycle efficace 3 Équipement de sĂ©rie gĂ©nĂ©reux On aime moinsDĂšs le dĂ©marrage, l’italienne fait gigoter ses deux grosses gamelles de gauche Ă  droite, en libĂ©rant une sonoritĂ© bien rauque. Avec 80 ch pour 80 Nm de couple, le V-Twin n’est pas aussi souple et Ă©lastique que le 3-cylindres d’une Triumph Tiger et se contente de 7 500 tr/mn de rĂ©gime maxi. Mais passĂ©s 3 000 tr/mn, il tire bien sur les bras et fait entendre sa voix rocailleuse, en transmettant juste ce qu’il faut de vibrations. Un rĂ©gal ! Bien Ă©quilibrĂ©e, la V85 TT virevolte d’un virage Ă  l’autre, sans se faire prier. Un poil sĂšches sur les raccords de chaussĂ©e, les suspensions absorbent bien les gros chocs et confĂšrent une excellente tenue de cap. Face au mordant canin des freins, la fourche courbe un peu lÂ’Ă©chine en dĂ©but de course, mais conserve assez de rigiditĂ© pour hausser le rythme, d’autant que les pneus Michelin Anakee Adventure collent au bitume. Lesquels sont dotĂ©s d’une chambre Ă  air, faute de disposer de jantes Ă  rayons renforcĂ©es. GrĂące Ă  son antipatinage et son ABS dĂ©connectable (Ă  l’arriĂšre uniquement), la V85 TT est trĂšs Ă  l’aise en tout-chemin, oĂč son excellent Ă©quilibre facilite les dĂ©rapages contrĂŽlĂ©s. Les dĂ©battements de suspensions de 170 mm sont cependant un peu justes pour envisager des virĂ©es en enduro.3 Point mort difficile Ă  trouver Ă  l’arrĂȘt 3 Ergonomie Ă©trange des commandes 3 Manque de progressivitĂ© des freins avant