CELLE QU’ON ATTENDAIT

Alors, une belle affaire cette Trophy ? Si vous êtes piqués Renault Sport et supportez d’être chahutés en ville, cette version vaut vraiment la peine. Reste, néanmoins, à s’acquitter d’un malus de supercar de 8 173 €. Ou à attendre la Trophy-R, dont la version définitive lime actuellement le Nürburgring pour récupérer son record. _ PAR A. MATAL, PHOTOS DRAffichée à partir de 44 100 € (42 310 € pour la Civic Type R), soit environ 6 000 € de plus que la version 280 ch, cette Trophy se rattrape grâce à une panoplie complète d’équipements de série : châssis Cup et jantes de 19 pouces, freins puissants, affichage tête-haute, sellerie en Alcantara… À équipement égal, mais avec, en prime, l’échappement actif et 20 ch supplémentaires, 1 000 € seulement la séparent donc de la 280 ch.À la mise en route, la ligne d’échappement active, modifiée, plante le décor : pas de doute, c’est plus sport ! Le châssis Cup, de série, aux amortisseurs et ressorts durcis, vous rappelle fermement que cette compacte n’est pas la meilleure pour aller chercher le pain, puisque moins polyvalente qu’une Civic Type R dotée d’une suspension pilotée et d’un mode confort. Mais là n’est pas le sujet. Pour solliciter ses amortisseurs, cette Mégane a besoin de vitesse. Sur le réseau secondaire, la précision du châssis “4 control” dépasse l’entendement. La motricité est soignée, grâce au différentiel autobloquant et à la monte pneumatique de qualité japonaise, qu’il est possible d’optimiser via des jantes allégées (2 kg par roue) optionnelles, comprenant des gommes Bridgestone S007 encore plus accrocheuses. Mais même sans cet équipement, l’ensemble se révèle déjà d’une rigueur impressionnante.Cerise sur le gâteau, le moteur 1.8 turbocompressé, au-delà de ses performances (0 à 100 km/h en 5”7 contre 5”8 en 280 ch), progresse surtout en caractère à haut régime. Plus rageur, crépitant à l’échappement, il offre de bien meilleures sensations. Quant à la boîte mécanique, un peu lente, elle doit composer avec un embrayage ferme, qui ne ménage pas votre jarret gauche. Enfin, au vu des capacités du châssis, le mordant des freins se révèle très appréciable et rassurant.En attendant la Trophy-R des records, cette version rehausse d’un cran les velléités sportives de la Mégane RS standard, plutôt sage.La concurrence bat son plein dans la catégorie des compactes “de course”. Depuis quelques années, Renault, Honda et Seat rivalisent d’ingéniosité pour établir des records sur le “grand Nürburgring”. À ce petit jeu, c’est la marque japonaise qui détient le record, depuis deux ans, avec une traction de série et un temps de 7’43”. Mais au-delà de la performance pure, difficilement reproductible pour le pilote du dimanche, c’est aussi, et surtout, la réputation du modèle ou de la marque qui est ici mise en valeur.Détenteur de plusieurs meilleurs tours, avec différentes générations de Mégane, Renault a donc ragaillardi sa Mégane RS, en lui offrant un surcroît de puissance et davantage de caractère mécanique. La puissance passe ainsi de 280 à 300 ch, grâce, notamment, à un plus gros turbo doté de roulements à billes en céramique, une technologie éprouvée en Formule 1 et censée réduire le temps de réponse. Le couple atteint désormais 400 Nm, soit 10 de plus que la version 280 ch – et 20 de moins que la version EDC (1 800 €) toujours disponible.