AU PASSAGE À NIVEAU

Sur les autoroutes et les voies rapides, il n’y en a pas. Au croisement des lignes ferroviaires des trains à grande vitesse, non plus. Plus de 15 400 passages à niveau existent en France, inégalement répartis sur le réseau routier. On les rencontre surtout sur les voies communales, pour plus des deux tiers d’entre eux (68,2 %) et, en plus petite part (31 %) sur les routes départementales, le réseau national faisant figure de parent pauvre (0,4 %). L’ennui, c’est que le point de rencontre entre route et voie ferrée peut s’avérer dangereux (voir “Quelques chiffres”). Au fil du temps, le nombre de passages à niveau décroît, grâce à l’action commune de SNCF Réseau, l’établissement public chargé de gérer le réseau ferré en France, des collectivités territoriales et des services de l’État. Le principe ? Pas de créations nouvelles et les passages les plus dangereux sont peu à peu supprimés, ou remplacés par un ouvrage d’art. Sur ceux qui demeurent, la signalisation a pour fonction d’alerter les automobilistes, grâce à toute une panoplie de signaux disponibles : balises (à une, deux ou trois bandes rouges, selon la distance) ; panneaux ; barrières automatiques ou non, demies ou entières ; feu rouge clignotant, parfois complété par un radar, qui enregistre tout franchissement malvenu ; sonnerie et éventuelle limitation de vitesse. “La priorité absolue est reconnue au chemin de fer sur la route, par le Code de la route, ce qui constitue le principe fondamental sur lequel repose la sécurité des passages à niveau”, rappelle le ministère de la Transition écologique et solidaire. La réglementation est formelle. Encore faut-il que les automobilistes soient vigilants pour repérer ces signaux et, surtout, les respecter… sur les parcours inhabituels des vacances, comme sur les trajets routiniers du quotidien. Car “sur les rails, le danger est plus rapide que vous”, prévient SNCF Réseau, l’établissement public chargé de la gestion du réseau ferré en France, à l’occasion des campagnes et des actions de sensibilisation menées avec, entre autres partenaires, l’association Prévention Routière. L’occasion de rappeler les principales règles de prudence (voir “3 règles d’or”), cruciales pour franchir sans dommages un passage à niveau et ne pas rester bloqué au milieu… Et comme les bons comportements s’acquièrent tôt, l’association Prévention Routière et SNCF Réseau proposent aux écoliers de CM2, venus disputer ce mois-ci la finale du challenge vélo à Saint Avold, en Moselle, de se familiariser avec le croisement route/rail. Et ce, grâce à une animation nouvelle : un passage à niveau, installé sur l’un des deux parcours cyclistes. Autant de gestes préventifs, compléments nécessaires aux nouvelles mesures envisagées (mieux identifier les risques, renforcer les aménagements, réduire la vitesse…) pour accroître la sécurité aux passages à niveau. __ Maîtrise. Arrêtez-vous toujours au feu rouge clignotant. Ne tentez jamais de franchir une barrière qui s’abaisse. Si vous êtes bloqué sur le passage lorsqu’un train arrive, quittez votre voiture._ 155 passages sont considérés comme prioritaires à sécuriser, ceux sur lesquels plusieurs accidents ont eu lieu en dix ans ou qui concentrent un trafic (routier ou ferroviaire) élevé._ Patience. Une fois le train passé et avant de vous engager, attendez que le feu s’éteigne et que les barrières soient complètement relevées. Et au moindre problème, utilisez le téléphone près du passage à niveau pour alerter un agent._ La quasi-totalité (98 %) des accidents de passages à niveau est liée au comportement inadapté de l’usager de la route._ Vigilance. Ne vous laissez pas distraire par votre téléphone, vos passagers ou le paysage… Ralentissez pour rester attentifs à tous les signaux visuels et sonores._ À 90 km/h, un train a besoin de 800 m pour s’arrêter, une distance dix fois supérieure à celle nécessaire à une voiture.