16 MODÈLES INSOLITES AU FIL D’UN SIÈCLE

Situé à Aulnay-sous-Bois, sur le site de l’ancienne usine Citroën, le Conservatoire peut être visité sur rendez-vous, seul ou avec guide. Il suffit de s’inscrire en ligne quelques jours à l’avance (https://www. laventurepeugeotcitroends.fr/visiter-conservatoire/).Un véritable morceau de l’histoire de la marque. Vient ensuite “le Michelin”, une SM très spéciale qui servait, à Clermont-Ferrand, aux essais de pneumatiques et de suspensions, et dont le V6 Maserati développait 340 ch ; de quoi lui offrir une vitesse de pointe de 285 km/h ! Quant à cette DSpécial, elle était utilisée pour distribuer les payes – en liquide – sur les différents sites Citroën de la région parisienne.Une véritable émotion nous envahit en (re)découvrant les prototypes de la TPV – la fameuse 2 CV – dissimulés dans le grenier d’un des bâtiments du centre d’essai de la Ferté-Vidame, durant 55 ans !La marque au double chevron possède une histoire d’une grande richesse et foisonne de véhicules très originaux, de par leur design, leur technologie ou leur conception. Modèles rares, prototypes, véhicules de mise au point, modèles historiques, il y en a pour tous les goûts. Notre visite débute par le faux cabriolet C6, qui accueillit le premier 6-cylindres de l’histoire de la marque. Le premier propriétaire de cet exemplaire ne fut autre que Sacha Guitry, qui en avait fait occulter les vitres arrière, sans doute pour préserver une certaine intimité aux places arrière. De toute évidence, le dramaturge n’aimait pas que les automobiles…Fabriqué à 267 exemplaires, cet étrange coupé Ami 8, M35, fut confié à quelques centaines de gros rouleurs afin de tester le mono-rotor Wankel, qui débouchera, en 1974, sur la GS Birotor. Autre projet qui revêt une importance primordiale chez Citroën, le Projet L de 1971, l’un des prototypes préfigurant la remplaçante de la DS, la CX de 1974, premier modèle de la marque à adopter un moteur transversal. Créée sous le signe de l’aérodynamisme (Cx de 0,19), l’un des chevaux de bataille de la marque, l’Éole est née, en 1985, de la conception et de la fabrication assistées par ordinateur. Présenté au Mondial de l’Automobile de Paris en 2004, ce concept C-Airdream est un élégant coupé 2+2 reprenant le style du concept C6 Lignage, présenté deux ans auparavant, et préfigurant l’élégante C6. Autre concept, le Tubik qui, au Salon de Francfort 2011, rendait hommage au célèbre Type H. Le prototype C10 de 1956 est l’une des innombrables créations de l’ingénieur André Lefèvbre, transfuge de chez Gabriel Voisin.Cette coccinelle ou goutte d’eau est un petit véhicule, dont la forme est directement inspirée de l’aviation. Doté de la fameuse suspension hydropneumatique et d’un Cx de 0,258 seulement, il ne débouchera sur aucun modèle de série, l’Ami 6 lui ayant été préféré !La “FAF” est une Méhari 4×4, dont les tôles plates, très “faciles à fabriquer”, la prédestinent aux pays émergents ; l’armée française n’en voudra pas ! Autre Méhari que cette 4×4 Paris-Oasis-Dakar, qui fut l’une des voitures d’assistance médicale à une époque où le rythme du rallye-raid était nettement moins élevé. Le très baroque prototype C60 préfigure, quant à lui, ce que sera la GS, modèle charnière qui, en 1970, comble le gouffre qui existait au sein de la gamme entre les 2CV/Ami 6 et la DS.Conçue avant la Pyramide du Louvre, la Karin est une étude de style qui date de 1980. Outre sa forme, elle se distingue par ses trois places frontales et son volant central. Le coupé DS, qui a servi de mulet de développement pour la SM, a également participé à la Ronde Hivernale de Chamonix, qu’il a achevée à la deuxième place, malgré une crevaison ; merci la suspension hydropneumatique !Citroën ne s’est pas uniquement intéressé à l’automobile. Pour preuve, ce petit hélicoptère RE-2 à moteur rotatif, qui effectua environ 200 vols dans les années 1970. _ PAR N. BRIOUZE, PHOTOS T. ANTOINE/ACE TEAM